L'ABBAYE DE CHAMPAGNE

COMMUNAUTÉ

  • Monseigneur Hugues PAULZ D'IVOY, Père Abbé

  • Père Louis DE ROMANET, Sous-prieur
  • Père Christian SNELL, sous-prieur et Curé modérateur de la paroisse Sainte-Croix-du-Rhône
  • Père Daniel ROUX, Maître des novices, enseigne l’Ecriture Sainte
  • Père Gilbert MINODIER, curé de la paroisse Sainte-Croix-du-Rhône
  • Père Régis de JABRUN, curé de la paroisse Sainte-Croix-du-Rhône
  • Père Léon MONNERON
  • Père Michel VACHER
  • Père Jean-Régis FROPO
  • Père Bernard SARKER, Pastorale des Migrants, Aumônerie nationale du Bengladeshis
  • Père Martin de la RONCIERE, accueil et formation
  • Frère Alain-Marie THERRAT
  • Frère Thomas FAGE
  • Frère Thomas BEAUCHAMP
  • Frère Didier BARDON responsable de l’hôtellerie

              EN FORMATION

  • Frère Denis DARIUS
  • Frère Sulpice SARU
  • Frère Judathadeus MAO
  • Frère Dominique NGUYEN
  • Frère Emmanuel TARMO
  • Frère Antoine NGUYEN
  • Frère Joseph BUI TRONG LÂM

L'ABBAYE SAINT-PIERRE

L'abbaye Saint-Pierre est la maison-mère de la Congrégation des Chanoines de Saint-Victor.

La communauté à la charge de la paroisse Sainte-Croix-du-Rhône et sert les clochers de Champagne, Serrières, Sablon, Peyraud, Limony, Féline, Charnas, Vinzieux, Saint-Désirat, Andance et Saint-Etienne de Valoux.

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HORAIRES DES MESSES ET OFFICES

MESSES

EN SEMAINE : 18h30

Sauf LUNDI et JEUDI: 11h45

SAMEDI : 8h00

DIMANCHE : 8h00 et 10h30

OFFICES

Ouvert à tous à l'église

LAUDES : 7h30 (LUNDI : 8h00)

OFFICE DU MILIEU DU JOUR : 12H00

VÊPRES : 19h00

VENEZ NOUS RENCONTRER

RENCONTRER LE CHRIST VIVANT AU MILIEU DE NOUS : DES PROPOSITIONS POUR CHACUN.

" Ce que nous avons contemplé du Verbe de vie, nous vous l'annonçons pour que, vous aussi, vous soyez en communion avec nous. Or nous sommes en communion avec le Père et avec le Fils, Jésus Christ. Et nous écrivons cela, afin que notre joie soit parfaite". (1 Jn 1, 1-4)

Ce dont chacun de nous a le plus besoin, c'est de mieux découvrir l'amour de Dieu, source de lumière et de vie. Cette expérience est la vie même de son Eglise, de toute communauté chrétienne, et de notre communauté de Chanoine réguliers de Saint-Victor, suivant la règle de Saint-Augustin depuis 1968 à Champagne. Notre vie de communauté religieuse et sacerdotale s'articule chaque jour autour des trois piliers de la prière liturgique, de la vie fraternelle et du rayonnement missionnaire. Nous désirons vous proposer un temps fort avec nous en partageant quelque chose de notre vie, dans un climat de prière, de charité et de paix.

Dans les propositions qui vous sont ici offertes, nous vous invitons à des temps de rencontre, de formation, de ressourcement spirituel. Elles sont adressées à tous sans exception: jeunes ou adultes, personnes seules ou en groupe, fiancés, couples ou familles, chrétiens déjà engagés ou bien en recherche. N'hésitez pas à nous interroger pour en savoir davantage. Puissions-nous être ensemble vivifiés par l'essentiel dont notre cœur a besoin : 

"Dieu est lumière... Dieu est amour qui demeure dans l'amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui." (1 Jn 1, 5;4,16)

BIENVENUE A L'ABBAYE !

Hugues PAULZE D'IVOY - Père Abbé

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HISTOIRE DE L'EGLISE

Bibliographie
– Contexte-historique
A. FLICHE et V. MARTIN – Histoire de l’Église, t. IX (2 volumes) – Paris, 1944 et 1953
E. MALE – L’art religieux du XIIème siècle en France. Etude sur les origines de l’iconographie du Moyen-Age – Paris, 1922 (pp. 84, 114, 424)

– Cadre-régional
J. CHARAY (sous la direction de) – Petite histoire de l’église diocésaine de Viviers – Aubenas, 1977
(L’étude concerne le diocèse dans ses limites actuelles, elle inclut ainsi le territoire de Champagne rattaché au département de l’Ardèche et au siège épiscopal de Viviers à partir de 1790).

Monographies
R. SAINT-JEAN – Champagne – Édit. Zodiaque – Collection La carte du ciel, n° 24 – La Pierre Qui-Vire, 1970.
R. POIDEBARD – Champagne, tête de pont delphinale en Vivarais – Revue du Vivarais, t. LIV n°s 1 et 2 – 1950.

En partant de ces bases et en s’appuyant parfois sur quelques observations personnelles, le présent document tente de répondre à la question : comment cette église peut-elle à sa façon évoquer certains aspects de la civilisation médiévale au Xllème siècle ?

Tout historien produit habituellement des sources, de préférence dites « de première main ». Elles ne sont malheureusement pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait notamment en matière architecturale. Dans le cas de Champagne, les archives échelonnées dans le temps se réduisent à quelques pièces au surcroît d’interprétation difficile. Cependant la discrétion des documents écrits est en partie comblée par la simple considération de la position géographique (au sens large) du village : là se trouve en effet le moteur essentiel de cette histoire locale.

Située sur la rive droite du Rhône à environ une trentaine de km au Sud de Vienne, la localité de Champagne est installée dans une large vallée fluviale où l’on envisage fort bien l’existence de relations ascendantes et descendantes. Couloir, voie de communication, tels sont les termes habituellement employés. Mais il faut compter avec un esprit médiéval pas aussi cartésien que le nôtre et qui ignore la notion stricte de frontière naturelle, disperse aisément les terroirs au gré des héritages, alliances, conquêtes, etc., superposant de plus allègrement les circonscriptions ecclésiastiques et seigneuriales. (Quand ce ne sont pas les mêmes au moins par l’existence d’un bénéficiaire unique). Ainsi, le relief est-il en quelque sorte amendé ou aménagé par l’implantation des entités féodales voisines. Quelles sont les forces en présence ?

La première ayant affaire à Champagne se trouve du côté où a priori on ne l’attend guère, à savoir sur la rive gauche du Rhône réputé trop vite infranchissable. Au XIème siècle, Guigues 1er seigneur d’Albon commence à constituer le domaine des dauphins -le Dauphiné- à partir d’un morceau du Viennois. Lorsque le relais passe en 1162 à la maison de Bourgogne, le village de Champagne directement situé en face du berceau des fondateurs -la seigneurie d’Albon (1)- dépend déjà de celle-ci. Le fleuve forme ainsi une coupure naturelle mais non une barrière puisque Champagne apparaît doté d’un rôle portuaire, commercial et … militaire, véritable tête de pont du Dauphiné (et au delà de l’Empire -suzerain lointain-) ou enclave bénéficiant de franchises (certaines sont conservées pour les XIIIème et XIVème siècles). Est-ce à dire que les seigneurs d’Albon sont entiers propriétaires du village et à ce titre responsables de la construction de l’église comme « patrons laïcs » ? Il n’est pas si simple de trancher car des actes font état d’usurpation ou de luttes serrées avec des autorités ecclésiastiques (voir note 2 ).

D’après la tradition (invérifiable), s’installe à Champagne au IXème ou Xème siècle un prieuré (3) de l’ordre des chanoines réguliers de St-Augustin sous la juridiction de Vienne. Le fait en soi n’est guère étonnant, les carences fréquentes du clergé séculier poussent en effet les évêques à faire appel aux religieux pour la desserte des paroisses (4). Ceux-ci (bénédictins et chanoines entre autres) offrent plusieurs garanties : régularité du service divin, perpétuité des prières et des fondations de messes. Dans le département actuel de l’Ardèche, les chanoines de la première partie du Moyen-Age appartiennent à trois congrégations : St-Michel de Charay (fondation du Puy), St-Ruf d’Avignon (transféré à Valence vers 1154) et enfin St-Barnard de Romans.

Cette dernière branche est responsable de St-Félicien, Satillieu et Champagne. Faute toutefois de preuve irréfutable dans la fondation, reste l’association des noms : dans un bref de 1088, Urbain II recommande à l’église de Vienne de maintenir « l’abbaye de Romans et l’église de Champagne toutes deux placées de toute ancienneté sous sa juridiction » Confirmation en 1119-20 et à nouveau en 1154 ou 1157 : « les clercs et chanoines tant réguliers que séculiers qui les desservent (Romans et Champagne) qu’ils soient dans les ordres ou qu’ils y aspirent le reconnaîtront (l’archevêque) et lui obéiront comme à leur seigneur ». Ces assertions compliquent l’attribution de la seigneurie sur Champagne, Albon, St-Barnard ou Vienne – Il est en effet impensable que le « parti religieux » n’ait eu aucun droit local; mais alors comment établir la répartition ? Le débat est d’autant plus difficile que durant cette seconde moitié du XIIème siècle les chanoines de St-Barnard disparaissent remplacés après interruption par les bénédictins de St-Chef. Là encore beaucoup d’inconnues : les circonstances de la succession et le …nombre des arrivants (de 2 à 12 en se référant aux critères habituels). Pourtant, à ce moment se situe la construction de l’église que nous voyons aujourd’hui; est-elle l’oeuvre des comtes d’Albon qui font en plus appel aux bénédictins – est-elle réalisée par ces derniers seuls ?

Une première approche de la construction détermine une campagne unique de travaux fort soignés et une série de liens de parenté avec l’abbatiale de Saint Chef; ce qui semble écarter un rôle exclusif des comtes d’Albon. Gros moyens financiers et style monastique sont-ils l’heureux résultat d’une étroite collaboration entre les « deux pouvoirs » ou la preuve de la vigoureuse santé d’une abbaye bénédictine ? On penche pour la seconde solution. Quoi qu’il en soit, cette compétition a pour conséquence un caractère défensif accentué dans la construction de l’église -véritable forteresse- complétée par une ceinture de remparts dont les plus beaux vestiges sont situés à l’ouest du village (porte et tour). Faute de pouvoir déterminer avec exactitude « qui se protège de qui » (et il peut y avoir des variantes) l’histoire, notamment aux mêmes XVème et XVIème siècles, est assez mouvementée pour occasionner l’utilisation du bâtiment comme refuge. Ainsi un document assez tardif (5), la révision des feux du Viennois en 1437 fait état de 30 familles, ajoutant : « La cause de la pauvreté est la guerre de France parce qu’à chaque passage de gens d’armes les habitants sont maltraités et opprimés… ils n’osent demeurer en leurs maisons et rien garder mais ils emportent leurs biens dans la forteresse du prieuré en s’y retirant de peur d’être pris et dépouillés ».
Terminons cette présentation historique en donnant quelques jalons sur la vie du prieuré dans le cours des siècles. A partir de 1319, l’abbaye de St-Chef et ses possessions -donc Champagne- passent sous la dépendance directe de l’évêque de Vienne qui assume la fonction de l’abbé; en 1328, le prieuré est supprimé. En 1361, il est rétabli au profit des Célestins (introduits par le cardinal Pierre du Colombier) « en place » jusqu’en 1773. En fait, ne réside le plus souvent qu’un curé dépendant de ces religieux.

Notes :

(1) La tour dite « d’Albon » en reste le témoignage visible.
(2) En 1246, le dauphin Guigues IV restitue au prieur « tout son droit au dit lieu de Champagne et dans tous ses terroirs ». En 1296, nouvelle mention des droits du prieur complétée par une inscription sur le mur du transept sud (actuellement englobé dans la sacristie) « dominus prior ejus abacie ».
(3) Il ne reste aucune trace identifiée de l’ancienne église.
(4) A titre indicatif, au XIIIème siècle, sur les 330 paroisses du diocèse actuel de Viviers, 58 % sont des prieurés desservis par les religieux; le reste appartient à la nomination de l’évêque et des chapitres cathédraux de Viviers, Valence et Vienne.
(5) Cité par Robert Saint-Jean, Champagne.