Historique

eglise_cielBibliographie

– Contexte-historique
A. FLICHE et V. MARTIN – Histoire de l’Église, t. IX (2 volumes) – Paris, 1944 et 1953
E. MALE – L’art religieux du XIIème siècle en France. Etude sur les origines de l’iconographie du Moyen-Age – Paris, 1922 (pp. 84, 114, 424)

– Cadre-régional
J. CHARAY (sous la direction de) – Petite histoire de l’église diocésaine de Viviers – Aubenas, 1977
(L’étude concerne le diocèse dans ses limites actuelles, elle inclut ainsi le territoire de Champagne rattaché au département de l’Ardèche et au siège épiscopal de Viviers à partir de 1790).

Monographies
R. SAINT-JEAN – Champagne – Édit. Zodiaque – Collection La carte du ciel, n° 24 – La Pierre Qui-Vire, 1970.
R. POIDEBARD – Champagne, tête de pont delphinale en Vivarais – Revue du Vivarais, t. LIV n°s 1 et 2 – 1950.

En partant de ces bases et en s’appuyant parfois sur quelques observations personnelles, le présent document tente de répondre à la question : comment cette église peut-elle à sa façon évoquer certains aspects de la civilisation médiévale au Xllème siècle ?

Tout historien produit habituellement des sources, de préférence dites « de première main ». Elles ne sont malheureusement pas aussi fréquentes qu’on le souhaiterait notamment en matière architecturale. Dans le cas de Champagne, les archives échelonnées dans le temps se réduisent à quelques pièces au surcroît d’interprétation difficile. Cependant la discrétion des documents écrits est en partie comblée par la simple considération de la position géographique (au sens large) du village : là se trouve en effet le moteur essentiel de cette histoire locale.

Située sur la rive droite du Rhône à environ une trentaine de km au Sud de Vienne, la localité de Champagne est installée dans une large vallée fluviale où l’on envisage fort bien l’existence de relations ascendantes et descendantes. Couloir, voie de communication, tels sont les termes habituellement employés. Mais il faut compter avec un esprit médiéval pas aussi cartésien que le nôtre et qui ignore la notion stricte de frontière naturelle, disperse aisément les terroirs au gré des héritages, alliances, conquêtes, etc., superposant de plus allègrement les circonscriptions ecclésiastiques et seigneuriales. (Quand ce ne sont pas les mêmes au moins par l’existence d’un bénéficiaire unique). Ainsi, le relief est-il en quelque sorte amendé ou aménagé par l’implantation des entités féodales voisines. Quelles sont les forces en présence ?

La première ayant affaire à Champagne se trouve du côté où a priori on ne l’attend guère, à savoir sur la rive gauche du Rhône réputé trop vite infranchissable. Au XIème siècle, Guigues 1er seigneur d’Albon commence à constituer le domaine des dauphins -le Dauphiné- à partir d’un morceau du Viennois. Lorsque le relais passe en 1162 à la maison de Bourgogne, le village de Champagne directement situé en face du berceau des fondateurs -la seigneurie d’Albon (1)- dépend déjà de celle-ci. Le fleuve forme ainsi une coupure naturelle mais non une barrière puisque Champagne apparaît doté d’un rôle portuaire, commercial et … militaire, véritable tête de pont du Dauphiné (et au delà de l’Empire -suzerain lointain-) ou enclave bénéficiant de franchises (certaines sont conservées pour les XIIIème et XIVème siècles). Est-ce à dire que les seigneurs d’Albon sont entiers propriétaires du village et à ce titre responsables de la construction de l’église comme « patrons laïcs » ? Il n’est pas si simple de trancher car des actes font état d’usurpation ou de luttes serrées avec des autorités ecclésiastiques (voir note 2 ).

D’après la tradition (invérifiable), s’installe à Champagne au IXème ou Xème siècle un prieuré (3) de l’ordre des chanoines réguliers de St-Augustin sous la juridiction de Vienne. Le fait en soi n’est guère étonnant, les carences fréquentes du clergé séculier poussent en effet les évêques à faire appel aux religieux pour la desserte des paroisses (4). Ceux-ci (bénédictins et chanoines entre autres) offrent plusieurs garanties : régularité du service divin, perpétuité des prières et des fondations de messes. Dans le département actuel de l’Ardèche, les chanoines de la première partie du Moyen-Age appartiennent à trois congrégations : St-Michel de Charay (fondation du Puy), St-Ruf d’Avignon (transféré à Valence vers 1154) et enfin St-Barnard de Romans.

Cette dernière branche est responsable de St-Félicien, Satillieu et Champagne. Faute toutefois de preuve irréfutable dans la fondation, reste l’association des noms : dans un bref de 1088, Urbain II recommande à l’église de Vienne de maintenir « l’abbaye de Romans et l’église de Champagne toutes deux placées de toute ancienneté sous sa juridiction » Confirmation en 1119-20 et à nouveau en 1154 ou 1157 : « les clercs et chanoines tant réguliers que séculiers qui les desservent (Romans et Champagne) qu’ils soient dans les ordres ou qu’ils y aspirent le reconnaîtront (l’archevêque) et lui obéiront comme à leur seigneur ». Ces assertions compliquent l’attribution de la seigneurie sur Champagne, Albon, St-Barnard ou Vienne – Il est en effet impensable que le « parti religieux » n’ait eu aucun droit local; mais alors comment établir la répartition ? Le débat est d’autant plus difficile que durant cette seconde moitié du XIIème siècle les chanoines de St-Barnard disparaissent remplacés après interruption par les bénédictins de St-Chef. Là encore beaucoup d’inconnues : les circonstances de la succession et le …nombre des arrivants (de 2 à 12 en se référant aux critères habituels). Pourtant, à ce moment se situe la construction de l’église que nous voyons aujourd’hui; est-elle l’oeuvre des comtes d’Albon qui font en plus appel aux bénédictins – est-elle réalisée par ces derniers seuls ?

Une première approche de la construction détermine une campagne unique de travaux fort soignés et une série de liens de parenté avec l’abbatiale de Saint Chef; ce qui semble écarter un rôle exclusif des comtes d’Albon. Gros moyens financiers et style monastique sont-ils l’heureux résultat d’une étroite collaboration entre les « deux pouvoirs » ou la preuve de la vigoureuse santé d’une abbaye bénédictine ? On penche pour la seconde solution. Quoi qu’il en soit, cette compétition a pour conséquence un caractère défensif accentué dans la construction de l’église -véritable forteresse- complétée par une ceinture de remparts dont les plus beaux vestiges sont situés à l’ouest du village (porte et tour). Faute de pouvoir déterminer avec exactitude « qui se protège de qui » (et il peut y avoir des variantes) l’histoire, notamment aux mêmes XVème et XVIème siècles, est assez mouvementée pour occasionner l’utilisation du bâtiment comme refuge. Ainsi un document assez tardif (5), la révision des feux du Viennois en 1437 fait état de 30 familles, ajoutant : « La cause de la pauvreté est la guerre de France parce qu’à chaque passage de gens d’armes les habitants sont maltraités et opprimés… ils n’osent demeurer en leurs maisons et rien garder mais ils emportent leurs biens dans la forteresse du prieuré en s’y retirant de peur d’être pris et dépouillés ».
Terminons cette présentation historique en donnant quelques jalons sur la vie du prieuré dans le cours des siècles. A partir de 1319, l’abbaye de St-Chef et ses possessions -donc Champagne- passent sous la dépendance directe de l’évêque de Vienne qui assume la fonction de l’abbé; en 1328, le prieuré est supprimé. En 1361, il est rétabli au profit des Célestins (introduits par le cardinal Pierre du Colombier) « en place » jusqu’en 1773. En fait, ne réside le plus souvent qu’un curé dépendant de ces religieux.

Notes :

(1) La tour dite « d’Albon » en reste le témoignage visible.
(2) En 1246, le dauphin Guigues IV restitue au prieur « tout son droit au dit lieu de Champagne et dans tous ses terroirs ». En 1296, nouvelle mention des droits du prieur complétée par une inscription sur le mur du transept sud (actuellement englobé dans la sacristie) « dominus prior ejus abacie ».
(3) Il ne reste aucune trace identifiée de l’ancienne église.
(4) A titre indicatif, au XIIIème siècle, sur les 330 paroisses du diocèse actuel de Viviers, 58 % sont des prieurés desservis par les religieux; le reste appartient à la nomination de l’évêque et des chapitres cathédraux de Viviers, Valence et Vienne.
(5) Cité par Robert Saint-Jean, Champagne.

Visite de l’église

Ce rapide survol des « écrits » nous amène à considérer à présent le document numéro un et le plus riche, à savoir l’église elle-même. Sans entreprendre une étude systématique et détaillée, voici l’itinéraire proposé : Description de l’aspect extérieur -la sculpture-; description de l’intérieur – le problème du choeur, les tribunes et parties hautes.

Extérieur de l’église

Construction massive et imposante telle est la première remarque qui vient à l’esprit lorsque l’on aborde la façade; celle-ci amputée d’une tour porche (2) et surmontée d’un fronton triangulaire n’offre pas un aspect particulièrement attrayant en raison même de cette mutilation et des ouvertures sans objet qui en résultent (3). Cependant la découverte des murs latéraux solidement assis, des tours nord et sud (démantelée en partie au XVIème siècle, du chevet trapézoïdal donne la réelle mesure de ce qu’est l’église St-Pierre de Champagne, une construction majestueuse offrant le minimum de prises à d’éventuels agresseurs (4).

Sobriété et rudesse n’ont pas éliminé la sculpture. Celle-ci appartient à deux genres : une sculpture de réemploi et une sculpture faite pour l’église. La première, sous forme de pierres dispersées sur la façade et le pourtour du bâtiment, présente les scènes les plus diverses : un homme taillant la vigne, un masque de théâtre antique (le thème n’est pas surprenant pour la région largement romanisée), des joueurs de harpe, des sirènes, des animaux tirés d’un bestiaire fantastique, des têtes saillantes aux yeux exorbités etc. Sur la tour Sud se distinguent trois bas-reliefs : David (le nom est inscrit) portant une fronde, David tranchant la tête de Goliath, Goliath en tenue d’homme d’armes prêt au combat. Dans tout cela il n’est pas question évidemment de plan iconographique mais simplement de juxtaposition hasardeuse d’éléments disparates. Bien plus le « Goliath » fait pour être vu verticalement a été placé horizontalement par le maçon. En ce qui concerne la datation, il ne semble pas que l’on doive remonter très haut. La plupart des pierres sculptées sont de l’époque romane, exception faite d’une ou deux d’origine romaine.

porteLes portails de la façade bien que mutilés au temps des guerres de religion présentent un grand intérêt; au centre, au dessus de l’entrée principale le tympan et le linteau figurent quelques moments de la Passion du Christ. Le linteau consacré à la dernière Cène est d’une facture étonnante. L’instant choisi est tiré de l’Évangile de Jean (13/25). L’apôtre penché sur la poitrine du Christ entend ce dernier désigner Judas comme celui qui va le livrer « c’est celui pour qui je tremperai la bouchée et à qui je la donnerai ». St-Jean est placé à la droite de Jésus qui fait le geste vers Judas. Une longue table couverte d’une nappe plissée sur laquelle reposent pains, poissons et plats donne à cette composition un équilibre et une symétrie qui n’excluent pas la finesse des détails (les pieds des convives par exemple) et les trouvailles (ainsi les quelques serviteurs assistant au repas).

tympanAu dessus du linteau, le tympan regroupe trois épisodes : à droite l’arrestation au jardin des oliviers avec le baiser de Judas, à gauche la comparution devant Pilate. (Au second plan un fond architectural suggère son palais ou la ville de Jérusalem). Au centre se détache la croix mise en valeur par une poutre transversale inhabituellement longue. Le Sauveur représenté souffrant est entouré directement des soldats romains porte-lance (à sa droite) et porte-éponge. La Vierge et S. Jean étant comme écartés, manifestent leur douleur en ramenant la main sur le visage (suivant la manière byzantine). Nul doute que cet aspect de l’isolement de Jésus est frappant (il y a bien deux anges au-dessus de la croix mais ils ne sont là que pour recueillir l’âme, indiquant en outre que c’est le moment de la mort). Emile Mâle attachait à cette illustration une importance particulière puisqu’il s’agit de la première image du Calvaire dans l’art monumental en France avec St-Gilles du Gard; faut-il y voir comme il l’a écrit une réponse iconographique aux hérésies de Pierre de Bruys (brûlé à St- Gilles) et d’Henri de Lausanne prônant la destruction des églises et des croix considérées comme des objets honteux ? Le rapprochement peut paraître fortuit, il demeure néanmoins que cette représentation du Calvaire ne fait pas d’émules dans la sculpture monumentale avant un siècle au moins. Le caractère exceptionnel se trouve enfin confirmé par un indice peu banal : la signature du sculpteur sur la bordure inférieure du linteau « GIRBERTUS »(5). N’est-ce pas là le signe de la conscience d’un certain talent et de la réalisation d’une oeuvre hors du commun ?

Le linteau de la porte située à gauche représente le Christ couronnant deux personnages. Les interprétations d’ordre historique du début du siècle en ont fait le roi de France et l’empereur du Saint-Empire; en se reportant au vocable de l’église, la tendance moderne y découvre plutôt S. Pierre et S. Paul (6). Là aussi le savoir- faire du sculpteur éclate dans la richesse des rinceaux contenant animaux et oiseaux. Même talent pour le linteau de la porte de droite; l’agneau pascal est présenté par deux anges; sur le cercle glorieux l’entourant, se lisent encore quelques fragments des paroles de S. Jean Baptiste « Ecce agnus Dei qui tollit peccata mundi ». Les anges eux-mêmes sont identifiés : « Angélus Gabriel » et « Michael Archangelus ». Cette marque n’est pas sans intérêt lorsque l’on sait que les chapelles hautes dont nous allons parler ultérieurement étaient le plus souvent placées sous le patronage des saints anges Raphaël, Michel et Gabriel considérés en quelque sorte comme des veilleurs célestes. Le symbolisme est encore accru par la vocation militaire de l’église accueillant leur effigie.

Toute la décoration n’amoindrit pas la rudesse extérieure de l’édifice; aussi l’intérieur étonne t-il par l’homogénéité et l’élégance de l’ensemble.

Intérieur de l’église

interieurUne seule campagne de travaux -nous l’avons déjà dit-, pas de modifications importantes depuis le XIIème siècle, une taille de la pierre particulièrement soignée (7), ces faits donnent à l’architecture une grande unité. Le plan dessine une nef flanquée de deux bas-côtés, un transept légèrement saillant (pris dans le massif des deux tours), un choeur de forme semi circulaire. L’originalité profonde se situe dans le système d’élévation et de voûte adopté ici; les deux collatéraux sont recouverts d’une voûte d’arêtes mais la nef supporte trois coupoles sur trompes (8). Cette structure déjà exceptionnelle pour la région (9) ne semble pas être appelée par les bases : de solides piliers cantonnés de quatre demi colonnes couronnées de chapiteaux recueillent les arcs en plein cintre délimitant l’espace des cinq travées. Au dessus de ces arcs s’ouvrent les baies jumelles des tribunes. Le procédé en soi est classique, mais on ne manque pas d’être étonné par la disposition des coupoles séparées entre elles par un arc diaphragme : les deux premières englobent chacune deux travées (plan carré au sol) -un arc transversal les partage en leur milieu-; la dernière plus étroite « se contente » d’une seule travée. Tout se passe comme si l’on avait prévu une voûte en berceau remplacée en cours de construction par le système visible aujourd’hui, d’où ce calcul étrange mais justifiable sur le plan de l’équilibre (tant technique que visuel) concernant les dimensions des coupoles. Si chaque travée avait accueilli une de celles-ci (à savoir cinq en tout sur plan rectangulaire), la nef aurait été comme étouffée pour reprendre l’expression de Raymond Oursel. En outre, la projection sur plan carré offre plus de garanties dans l’ordre de la solidité.
Ce sens des formes est assez réussi pour capter toute l’attention. On ne pense à l’iconographie possible que dans un second temps. II faut bien avouer qu’elle est particulièrement discrète : pas de vitraux anciens, des chapiteaux simplement décorés de feuilles plates et de boules, quelques belles consoles sculptées (10), tel est le patrimoine presque invisible tant l’éclairage (11) ramène tout à la disposition des masses et des volumes orientés vers le choeur.
Celui-ci, surélevé de quelques marches, est voûté en demi coupole et délimité par six colonnes imposantes (12). Un déambulatoire encercle le tout mais sans utilité apparente, puisqu’il n’y a pas de chapelles rayonnantes (13). Le cas, sans être à proprement parler exceptionnel, mérite attention : pas de pèlerinage, pas de « route de Compostelle » qui puissent expliquer cette « anomalie ». Le banc courant le long du mur du déambulatoire (rappel du banc presbytéral dont St-Maurice de Vienne conserve un exemple) est-il justifié par la seule présence monastique ? Autant de questions sans autre réponse que le bon vouloir du maître architecte ou … des commanditaires. Cependant, depuis quelques années, on connait l’existence d’une confession sous l’autel provisoire actuel : la bouche d’accès profonde d’à peu près 2 m donne sur un caveau d’1,70 m de long et 0,75 m de large. A l’intérieur fut trouvé un ancien autel brisé (IXème ou Xème siècle-).

Aussi une interprétation peut-elle être formulée sur la question suivante : le choeur n’est-il pas fonction de la confession ? A supposer que celle-ci soit de l’église primitive (et même sans cela), il n’est pas interdit de penser que les colonnes du choeur ont été placées pour en protéger ou délimiter l’espace quitte à « repousser » le mur de l’abside créant par le fait même un déambulatoire (14). S’il y a une explication possible, sans doute convient-il de la chercher dans cette direction.

interieur2Les derniers « trésors » de l’église sont cachés dans les parties hautes; un escalier à vis y fait accéder en débouchant d’abord au dessus du croisillon Nord du transept sur une chapelle haute. Le même système se retrouve symétriquement au dessus du croisillon Sud. Ces deux petites chapelles qui ne communiquent avec les tribunes que par des passages étroits (15) ont leur rôle propre : refuges où les objets précieux peuvent être mis à l’abri en cas de trouble mais aussi importance liturgique : l’abbaye mère de St- Chef reste justement célèbre par les fresques romanes d’une chapelle haute démontrant la place de la vénération des anges dans l’ordre bénédictin (16). De cet aspect témoigne plus modestement le soin apporté à la réalisation des chapelles de Champagne (celle située au Sud possède des chapiteaux représentant quatre hommes nus : les quatre âges de la vie ?) Enfin, la jonction établie entre ces deux chapelles par un passage supérieur (17) au niveau des combles suffit à établir leur « autonomie particulière ».

Les tribunes, de faible hauteur mais spacieuses, prennent jour sur l’extérieur par d’étroites baies en plein cintre, elles s’ouvrent sur la nef par des baies géminées aux arcs trilobés (18); tribunes nord et sud sont reliées entre elles par une galerie étroite le long du mur Ouest (on avait accès autrefois à cette galerie par la tour porche).

Cet aperçu général de l’église de Champagne ne désire pas « épuiser le sujet » mais simplement éveiller le goût d’une découverte plus approfondie des richesses conservées. Achevons par un trait d’histoire contemporaine : depuis 1968, s’est implantée une communauté de chanoines réguliers de St-Augustin (abbaye en 1976). St-Pierre de Champagne a ainsi renoué avec la tradition religieuse qui fut celle de ses origines jusqu’en 1773.

(1)Le domaine de Pierre du Colombier à l’écart de la route d’Annonay à Serrières porte aujourd’hui encore son nom : « Colombier-le-Cardinal ».
(2)Démolie lors de la construction de la « route royale » 86 au XIXème siècle.
(3) Les deux portes permettant jadis d’accéder aux tribunes de l’extérieur depuis la tour porche.
(4) Les contreforts sont installés depuis le siècle dernier, lors du percement des fenêtres donnant sur les bas-côtés. Seules les baies supérieures étroites et sans ébrasement sont d’origine.
(5) On peut émettre l’hypothèse que Girbertus ait connu ou pris des renseignements sur la Jérusalem de son temps; le décor derrière Pilate semble en effet (coupole extérieure, tours effilées) s’inspirer de l’art islamique ou au moins de Byzance.
(6) La scène serait une illustration des versets des psaumes 20 et 44 qui figurent à la messe des Apôtres « Tu les as établis princes sur toute la terre, tu les as couronnés de gloire. Tu as posé Seigneur une couronne de pierres précieuses sur leur tête ».
Robert Saint Jean, op. cit., p. 56.
(7) Les pierres d’apparat sont réservées pour les piliers et murs d’angle, un appareil de moindre qualité étant employé ailleurs. (8) Notre Dame du Puy, sanctuaire d’importance, est le plus proche édifice doté de ce type de voûte.
(9) Une discussion s’est élevée ces derniers temps sur ta date de construction de ces coupoles : elles auraient remplacé au XVIIème siècle une voûte en berceau. Sans nier les restaurations effectuées, faute de preuve formelle, nous restons pour notre part attachés à la présentation traditionnelle exposée ici.
(10) Sous le balcon Ouest, c’est-à-dire juste après l’entrée, s’y reconnaissent entre autres un atlante et deux lions,
(11) Encore plus sélectif auparavant puisque la seule lumière venait de l’extérieur à travers les tribunes, c’est-à-dire de source indirecte.
(12) Les chapiteaux de style corinthien méritent une mention particulière.
(13) Une chapelle se trouve dans chacun des deux bras du transept.
(14) Ces sortes de contraintes inspirées par la vénération aux saintes reliques sont parfois de taille : cf. la reconstruction du choeur de St-Guilhem-le-désert (Hérault).
(15) D’autres voies d’accès existaient : cf. note 2 p.
16) A mettre en relation avec ce qui a été dit de la sculpture.
(17) Ce même passage conduit à une salle située au dessus de la demi coupole du choeur prouvant encore s’il en était besoin la vocation défensive de l’église.
(18) Cf. La description donnée par R. Saint – Jean, op. cit., pp. 16 et 49.